Tu te réveilles à…
Tu te réveilles à Rimouski, tu le fais à Montréal, à Québec, ou à Beloeil. Tu es dans ton lit, sur un plancher, sur un divan, sur un sol humide. Tu es chez toi, tu es dans un loft, dans une pièce vide ou bien sous un viaduc. Tu peux être blessé, fatigué, en forme, avec une gueule de bois ou bien insomniaque. Tu peux être partout et ce que tu veux être mais ton problème reste le même, le vide est toujours la. Que tu sois saoul, a jeun, heureux ou triste. Qu’il pleuve ou qu’il fasse beau que tu sois seul ou entouré d’amis. Tu n’es pas encore conscient, pas totalement en tout cas. Les lieux sont calmes, une tempête est probablement passée… ou arrive t-elle ? Tu ne le sais plus. Cela n’a plus d’importance pour toi Tu es en suspension. Pris entre deux engrenages, vacillant entre la douleur et le plaisir, valsant avec aisance entre le rêve et la réalité. Il n’y a plus de certitude, seulement des trajectoires qui se croisent. Parfois au bon moment, parfois avec un léger retard ou une grande avance. Tu nages dans cet état au moment où tout prend forme, les gens autour de toi s’animent, tu les écoutes aller. Ils te trouvent bizarre. Tant pis. Toi tu n’es qu’en surface, en suspension entre ton âme et ton corps. Sédentaire psychique, nomade matériel. Chez toi nul part et partout a la fois. Tu les regardes aller et tu penses à la tristesse de S. avec raison, tu penses à comment dans le fond M. ne pense qu’a elle même ou comment A. jouait seulement quelques fausses notes avec toi pour atteindre un duet parfait. Montréal s’active encore une fois devant tes yeux mais toi tu n’en fais pas partie, du moins pour le moment. T’abandonner dans ce maelstrom ne voudrait dire que tu as lâché prise, que tu n’es plus avec le malaise nécessaire pour pouvoir être lucide. Mourir symboliquement pour atteindre le bonheur? Jamais, le malaise est mieux, il est d’une mélancolie douce qui te fait apprécier mieux les choses. Dans le fond c’est peut-être ça le bonheur. Une souffrance heureuse, une joie nostalgique, une tristesse, une mélancolie passagère. Les trajectoires se croisent encore, tu tentes de t’accrocher mais c’est difficile, ta difficulté à rester en place, ton désillusiomment face a tout te laisse perplexe. Chaque joie est suspecte et quand tu baisses garde, elle te pète la gueule. Mais cela personne ne le remarque ou bien s’en préoccupe, car c’est ton chemin n’est pas le leur. Les orbites se croisent encore et encore, et les lucides tentent de comprendre les autres planètes, parce qu’ils croient qu’avec des morceaux de ces dernières ils pourront réparer leurs pièces brisées. Tu te réveilles à Rimouski, tu le fais à Montréal, à Québec, ou à Beloeil. Tu es dans ton lit, sur un plancher, sur un divan, sur un sol humide. Tu es chez toi, tu es dans un loft, dans une pièce vide ou bien sous un viaduc. Tu peux être blessé, fatigué, en forme avec une gueule de bois ou bien insomniaque. Mais une fois que tu as compris que répondre à tes questions n’a pas vraiment d’importance a la fin, c’est à ce moment que tu commences à vivre vraiment.
